La médecine spécialisée dans les pathologies chroniques fait également l’objet d’innovations et d’expérimentations pour améliorer la prise en charge et le suivi des patients à distance, pour une égalité territoriale d’accès aux soins.
Concernant les maladies respiratoires chroniques (SAOS et BPCO), problème majeur de santé publique, e-Meuse santé a mis en place une expérimentation avec le service pneumologie du GHT Cœur Grand Est, de l’hôpital de Verdun dirigé par le Docteur Jean-Claude Cornu.
Objectifs de cette étude : tester la télésurveillance pour améliorer la qualité de vie des patients et déclencher une prise en charge rapide et efficace avant l’apparition de complications, qui génèrent chaque année en France 150 000 hospitalisations d’une durée moyenne d’environ 10 jours.
Une étude pour mieux prendre en charge des pathologies respiratoires chroniques
Sur la base de 405 patients volontaires, atteints de syndromes d’apnée obstructive du sommeil (SAOS) ou de bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO), e-Meuse santé a expérimenté durant 6 mois différents services de suivi des malades, à leur domicile :
- Avec l’installation d’objets connectés par un infirmier ou kinésithérapeute du réseau ADOR,
- Une surveillance quotidienne des données par une infirmière du service de pneumologie de l’hôpital de Verdun et par le Docteur Cornu, chef du service,
- Une éducation thérapeutique personnalisée (avec prise en charge si besoin diététique, tabacologique, activité physique) pour changer les habitudes de vie du patient et l’aider à devenir acteur de son traitement,
- Des visites de contrôle à 3 et 6 mois (641 visites).
Un dispositif d’objets connectés
Durant 6 mois, le patient dispose à son domicile d’objets connectés qui mesurent son poids, sa pression artérielle, sa saturation en oxygène, sa fréquence respiratoire cardiaque ou son activité physique, pour détecter les anomalies.
- Les patients de moins de 76 ans atteints de BPCO sont équipés du BORA Band.
- Les patients de moins de 75 ans ayant un SAOS sont traités par pression positive continue (PPC) connectée via une application smartphone.
La télésurveillance et le suivi des malades
Pour améliorer la prévention, le dépistage et le diagnostic de ces patients et suivre l’évolution de leur qualité de vie, e-Meuse santé a conçu et déployé :
- Un cadre de télésuivi des patients par monitoring pour prévenir les risques, détecter les anomalies et réduire les complications
- Un parcours de soins innovant dans le cadre d’un réseau de soin labellisé
- Une éducation thérapeutique personnalisée grâce aux objets connectés pour changer les habitudes de vie du patient.
Une évaluation académique indépendante
Le laboratoire HP2, INSERM U1300 de l’Université Grenoble Alpes, a apporté son expertise pour évaluer l’impact de cette étude. Il a mis à disposition un dossier médical électronique (base MARS) pour agréger les données médicales initiales et de suivi des patients à domicile, avec les données des objets connectés, et exploiter les résultats.
Les résultats intermédiaires de cette expérimentation
17 mois après les premières inclusions, les résultats intermédiaires traduisent :
Du côté des patients :
- Une bonne acceptabilité de l’expérimentation par les patients et une meilleure adhésion aux parcours de réhabilitation, souvent peu réalisés par cause d’éloignement géographique (plus d’une heure de trajet dans le département de la Meuse) et de disponibilité (délais longs pour obtenir une place au centre de réhabilitation).
- Une meilleure compréhension de leur maladie (autogestion) et prise de conscience de leur sédentarité (reprise de l’activité).
- Des bénéfices en termes de qualité de vie et de sécurisation.
Du côté des professionnels de santé :
- Le dépistage des exacerbations, des désaturations et la mise en évidence d’apnées du sommeil et de troubles du rythme cardiaque,
- Un aperçu de l’activité de patients équipés de smartphones ou de tablettes et accompagnés d’un soignant qui ajuste leur programme d’activité physique,
- Un rapprochement avec le patient en appréhendant mieux ses habitudes (activité, hygiène de sommeil, etc.)
- Des difficultés de communication des objets connectés par manque de réseau restent un facteur limitant au déploiement à grande échelle.
Et maintenant ?
- Développer le périmètre de l’étude :
Une deuxième vague d’expérimentation, sur la base du même écosystème d’acteurs et de solutions doit être menée sur 5 ans avec 1100 nouveaux patients porteurs de SAOS ou BPCO et d’autres territoires de la région Grand Est (expérimentation de territoire vague 1). Elle permettra de valider le modèle économique global de cette nouvelle modalité de prise en charge s’appuyant sur le recours à la télésurveillance et au télésuivi. - Phase 2 des expérimentations dédiées aux maladies chroniques respiratoires :
Cette deuxième phase lancée en 2026 permettra :- d’expérimenter de nouvelles approches en complément de celles déjà en cours pour améliorer la prise en charge des patients BPCO.
- de faire bénéficier aux patients d’autres innovations expérimentées dans le cadre d’e-Meuse santé (dosage de la CRP).
- de renforcer les outils à l’appui du développement d’une médecine personnalisée.
- Apporter de nouvelles solutions innovantes à d’autres types de pathologies chroniques, telles que le diabète et les maladies cardio-vasculaires. e-Meuse santé lance un APE sure ce thème en 2025.