Réinventer la relation de soin à distance
Dans un contexte de déserts médicaux et avant même la pandémie de Covid, e-Meuse santé a eu un rôle précurseur, dès 2020, dans l’expérimentation de la téléconsultation assistée, réalisée en présence d’un infirmier ou d’un pharmacien, au cabinet infirmier, en officine, au domicile du patient…, dans le cadre d’un parcours de soin.
Imaginée pour compléter l’offre de soins existante et les consultations classiques, elle répond à la difficulté d’accès aux soins par manque de médecins traitants sur ces zones, elle remplace des médecins en congés et pallie des problématiques de mobilité en territoires ruraux.
Déployée en étroite collaboration avec les territoires d’implantation, construite et organisée par les professionnels de santé, elle propose une consultation efficace, sûre et confortable aux patients, tout en intégrant la télémédecine dans les pratiques des professionnels de santé locaux.
Un contexte national inquiétant, une réponse inévitable
1 patient sur 10 n’a pas de médecin traitant
87 % des Français vivent dans un désert médical
+ de 35 % de la population a besoin d’un traitement chronique
+ de 25 % des Français sont éloignés des outils numériques
Source : France Assos Santé, 2023 – Mutualité française Grand Est, 2020
Organisation de la téléconsultation assistée d’e‑Meuse santé
Le patient est toujours assisté par un professionnel de santé (infirmier ou pharmacien) qui l’accompagne tout au long de la téléconsultation.
Les outils numériques mis à disposition permettent une auscultation de qualité et approfondie.
Le médecin généraliste qui pratique la téléconsultation est un médecin local (basé en Meuse à Souilly)
La téléconsultation est intégrée dans un parcours de soin avec la prescription d’examens complémentaires si nécessaire. Les résultats de la consultation sont toujours transmis au médecin traitant (si le patient en a un).
et prise en charge par l’assurance maladie.
Le rôle clé du professionnel de santé accompagnant
Pour dépasser les réticences vis-à-vis de la télémédecine, qui restent réelles, un professionnel de santé accompagnant est systématiquement présent auprès du patient. Son rôle est multiple :
- Accompagner l’installation et l’utilisation du matériel numérique
- Humaniser la relation avec le médecin à distance
- Optimiser le temps médical en prenant en charge la mise en place préalable
Grâce à lui, le médecin peut réaliser les examens cliniques nécessaires à son diagnostic en s’appuyant sur un chariot de téléconsultation équipé d’outils connectés (stéthoscope, otoscope, caméra manuelle faisant office de dermatoscope). Cette organisation offre une consultation qualitative et complète qui permet de ne pas rester sans solution médicale.
La carte des points de téléconsultation
Le suivi des résultats de l’action Téléconsultation
En 2023, un premier rapport sur la téléconsultation assistée, mené par l’Université de Lorraine, a formulé 12 recommandations pour répliquer ce modèle. Il a été largement repris sur le plan national et il a servi de base aux feuilles de route Télémédecine de la Région Grand Est.
Le rapport “Préconisations et mesures pour la réplicabilité du déploiement territorial de la télémédecine”
En 2024, une étude a permis de recueillir les motivations et les ressentis de 913 patients et 1 248 questionnaires retournés par les professionnel de santé accompagnants (38 professionnels), sur une période 6 mois.
- 9,45/10 est la note moyenne attribuée par les patients à leur expérience de téléconsultation assistée
- 93 % des professionnels de santé accompagnants se montrent satisfaits quant à l’organisation des téléconsultations.
- La satisfaction du patient est très forte et le rôle du professionnel de santé accompagnant est reconnu dans la réassurance du patient vis-à-vis du numérique et dans la préparation de la téléconsultation et l’utilisation des outils connectés pour optimiser le temps médical.
Cette étude a permis d’identifier les bénéfices, mais aussi les freins techniques, organisationnels ou culturels à lever pour réussir un déploiement à grande échelle.
Cette étude confirme l’intérêt du développement de la téléconsultation assistée, particulièrement dans les déserts médicaux, pour des patients de tout âge (excepté les nourrissons) et pour un nombre croissant de personnes âgées ne pouvant se déplacer et n’ayant plus de médecin traitant.
Et maintenant ?
Maintenant que ce modèle est approuvé, e-Meuse santé continue à s’investir en apportant de la plus-value aux téléconsultations assistées.
Grâce à un nouvel APE organisé en 2023, 9 expérimentations technologiques sont en cours :
- pour toucher plus de publics : par exemple en allant à la rencontre des personnes en situation en grande précarité ou qui maitrisent mal le français grâce à des téléconsultations assistées
- pour affiner les diagnostics : par exemple avec des prises de photos pour approfondir des diagnostics dermatologiques ou l’enregistrement des constantes cardiaques via un téléphone portable…
- et pour mieux coordonner les usages de la téléconsultation dans le système de soin et le parcours des patients.
Voir toutes nos expérimentations
Grâce à ces expérimentations en cours, la téléconsultation assistée, aujourd’hui centrée sur la médecine générale, s’ouvrira progressivement à la médecine spécialisée en fonction des besoins identifiés.